 | Laurent | J’ai ce double vinyle entre les mains, et c’est une sensation étrange. Ce n’est pas le carton glacé et luxueux des imports habituels ; c’est un carton un peu plus fin, presque fragile, qui sent cette odeur typique des vieux pressages Melodiya : un mélange de poussière, de papier recyclé et de temps qui passe. En haut de la pochette, le logo Greenpeace semble presque surréaliste comparé aux caractères cyrilliques de l'arrière.
On est en 1989. Pour nous, à l’Ouest, ces morceaux de U2, de Sting, de Dire Straits ou de Simple Minds tournaient en boucle sur les ondes jusqu’à l’usure. Mais quand je regarde cette pochette, je ne peux pas m’empêcher d’imaginer un gamin à Leningrad ou à Kiev, au même moment. Je le vois déballer ce disque comme on ouvre une brèche dans un mur de béton. Pour lui, ce n'était pas "juste" de la pop. C’était le son de l'ailleurs qui s'invitait dans le salon, une preuve physique que le monde était en train de basculer.
Ce qui me touche le plus, c’est de lire les titres écrits en cyrillique au dos. «Гордость (Именем Любви)» pour Pride (In the Name of Love). Il y a quelque chose de bouleversant dans cet effort de traduction, comme une main tendue, un peu maladroite, pour essayer de se comprendre enfin.
Quand je pose l’aiguille sur le sillon, le son a ce grain particulier, un peu moins pur que nos éditions européennes, mais chargé d’une électricité différente. Dans les nappes de synthé et les batteries massives de l’époque, on entend une foi que nous avons un peu perdue aujourd'hui : cette idée, peut-être un peu naïve mais tellement belle, qu’un refrain peut arrêter un tank ou nettoyer une mer d'huile.
Ce disque n'est pas le plus rare de ma collection. Artistiquement, c’est un fourre-tout. Mais c’est l’un des rares qui me donne l’impression de toucher l’Histoire du bout des doigts. C’est une capsule de survie. C’est le souvenir d’un moment précis où l’on a cru, le temps d’une chanson, que les frontières n’étaient que des lignes de crayon qu'on pouvait gommer.
Aujourd’hui, dans le silence de mon salon, ce « Breakthrough » craque un peu entre deux morceaux. Et ce petit bruit de frottement, c’est pour moi le son exact d’un monde qui s’ouvre. 02/05/2026 14:34 |
 | Laurent | Au sein de l'histoire du rock progressif britannique, Rock Bottom occupe une place précisément datée et contextualisée : il est publié à un moment où la scène de Canterbury évolue vers des formes plus individualisées et où plusieurs musiciens associés à ce courant s'engagent dans des projets solos. L'album constitue l'un des premiers disques majeurs sortis sous la bannière de Virgin Records après Tubular Bells de Mike Oldfield, ce qui lui assure une distribution importante.
Sa conception, son enregistrement et sa publication sont documentés par la presse de l'époque, les archives de Virgin et les entretiens donnés ultérieurement par Wyatt et Nick Mason, permettant de retracer précisément les étapes de sa création. 08/12/2025 13:03 |
 | Laurent | Ce deuxième album studio de Véronique Sanson est enregistré à Paris et produit par Michel Berger. Il confirme l’élan créatif exceptionnel de l’artiste après Amoureuse.
Les dix titres, écrits et composés par Sanson, mêlent pop, chanson française et arrangements orchestraux de Michel Bernholc.
L’album contient des morceaux devenus emblématiques, dont “Chanson sur ma drôle de vie”, “Une nuit sur son épaule” et “Loreleï”.
Certifié double disque d’or, il est considéré comme une œuvre majeure dans la carrière de Véronique Sanson 18/11/2025 09:08 |
 | Laurent | Le deuxième album de Barbara (Le Mal de vivre) est un moment charnière dans la carrière de la chanteuse. Il incarne une maturité artistique, tant dans l’écriture que dans l’arrangement, et offre quelques‑unes de ses chansons les plus profondes et poétiques.
Pour toute personne qui veut découvrir Barbara au-delà de ses tubes les plus connus, cet album est un excellent point d’entrée. 17/11/2025 20:52 |
 | Laurent | Cet album marque le retour de Frank Sinatra après sa brève retraite annoncée en 1971 : l’album est sorti en octobre 1973 et a été largement accompagné par une importante couverture médiatique...
Musicalement, l’album mélange standards de la tradition pop/jazz et reprises contemporaines (par exemple une version de “Send in the Clowns” de Sondheim et “Nobody Wins” de Kris Kristofferson), avec des arrangements produits par Don Costa. L’enregistrement a eu lieu entre juin et août 1973.
À sa sortie, les critiques sont partagées. Certains commentateurs le voient comme un retour bienvenu où Sinatra reste un interprète puissant malgré quelques morceaux inégaux ; d’autres jugent l’album moins essentiel dans sa discographie (qualifié d’« inégal » ou de « moindre » par certains critiques). En somme, c’est un album apprécié pour la voix et l’interprétation de Sinatra mais considéré comme inégal sur le plan de la cohérence artistique.
Commercialement, l’album a rencontré un succès correct : il a atteint des positions élevées dans les classements et a obtenu le statut gold (ventes certifiées) aux États-Unis. 16/11/2025 08:55 |